Les familles qui faisaient vivre l'Obersalzberg
Derrière les paysages alpins et les cartes postales de l'époque se cachait une véritable communauté de montagne.
Parmi les familles les plus connues figuraient les Mayer, pionnières du tourisme local.
En
1877,
Mauritia
"Moritz"
Mayer
acquiert
le
domaine
de
Steinhauslehen
auprès
de
Johann
Hofreiter
et
y
fonde
la
célèbre Pension Moritz, établissement qui contribuera largement à la renommée de l'Obersalzberg.
Après
son
décès
en
1897,
sa
sœur
Antonie
Mayer
poursuit
l'exploitation
de
la
pension
et
accueille
de
nombreux
visiteurs venus découvrir les Alpes bavaroises.
Une autre famille marquante est celle des Schuster, propriétaires de l'Hôtel Zum Türken.
Situé
à
proximité
de
la
future
résidence
d'Hitler,
l'établissement
était
alors
une
pension
touristique
appréciée
des
voyageurs.
Son destin basculera quelques années plus tard lorsque le complexe nazi s'étendra autour du Berghof.
Plusieurs
familles
paysannes
vivaient
également
sur
les
anciens
fiefs
de
montagne
qui
avaient
façonné l'Obersalzberg pendant des siècles.
Les
domaines
de
Bodnerlehen,
Scheberlehen,
Beim
Reiter
et
In
der
Brandstatt
constituaient
le
cœur
historique de cette petite communauté rurale.
Leurs
habitants
vivaient
de
l'agriculture,
de
l'élevage
et,
pour
certains,
des
revenus
liés
au
développement du tourisme.
Parmi
les
résidences
privées
les
plus
connues
figurait
également
la
Haus
Wachenfeld,
construite
en
1916 pour l'industriel Otto Winter et son épouse née Wachenfeld.
Conçue
à
l'origine
comme
une
simple
maison
de
vacances,
elle
allait
connaître
un
destin
exceptionnel en devenant quelques années plus tard le Berghof.
Autour
de
ces
propriétés
gravitaient
de
nombreuses
autres
constructions
:
le
Morienhäusl,
la
Haus
Adler,
la
Haus
Hudier,
le
sanatorium
pour
enfants,
la
maison
forestière,
la
poste,
la
caserne
des
pompiers et plusieurs auberges qui faisaient vivre la station climatique de montagne.
Ensemble,
elles
formaient
un
village
animé
où
se
côtoyaient
paysans,
artisans,
hôteliers,
forestiers
et
visiteurs.
Lorsque
débuta
la
création
du
Führersperrgebiet,
ce
ne
furent
donc
pas
seulement
quelques
bâtiments
qui
disparurent,
mais
toute
une
communauté
humaine
dont
les
racines
remontaient
parfois à plusieurs siècles.
Certaines
fermes
appartenaient
à
la
même
famille
depuis
plus
de
trois
cents
ans
avant
d'être
détruites ou expropriées.